lundi 30 novembre 2009

Notre premier sapin.




Entre le retard que nous avons à entretenir le blog et l'avance que nous avons à préparer Noël, nous passons directement de la première citrouille au premier sapin canadien. Par la même occasion nous recevons aussi aujourd'hui nos premières neiges de l'hiver, apparemment très en retard par rapport aux autres années. Jusqu'ici le temps a été très doux, ce qui n'était pas pour nous déplaire.
C'est la douceur du temps et notre intense vie sociale et culturelle (hmm...) qui justifie notre silence pendant si longtemps, silence dont je ne doute pas qu'il vous laissa morfondus d'angoisse. Bref, on bouge pas mal en ce moment.

A l'opéra, d'abord. Nous avons vu Die Zauberflöte (la Flûte enchantée), dans un décor immonde (du genre de ce qu'on nous forçait à faire à la kermesse des écoles en 1986), puis la Passion selon Saint-Mathieu, de Bach, qui heureusement ne requiert aucun décor. Par contre, dans les deux cas il a fallu subir le public canadien, et ça c'est un peu dur. Je me souviens de mon premier opéra (ce n'est pas que j'ai bonne mémoire, mais c'était il n'y a pas si longtemps !) : c'était à Paris, Il Sant'Alessio, de Landi, dirigé par William Christie. Ce qui m'a surtout marqué (mis à part le fait que je ne voyais pas grand-chose et que je comprenais rien) c'est qu'à la pause le chef d'orchestre nous a avoiné, nous, le Public, parce que deux ou trois catarrheux avaient légèrement toussoté pendant la première partie. Il était allé jusqu'à nous faire honte en signalant (mais était-ce véridique ?) que les publics américain et anglais avaient écouté l'oeuvre sans broncher, c'est le cas de le dire.
Ah ! Si le pauvre venait diriger à Montréal, il ne serait pas déçu : on avait l'impression d'être dans un centre de cure pour tuberculeux ! Ils toussent par dizaine et sans la moindre ébauche de tentative pour être discret. Certes, il y en a qui sont un peu malades, mais d'autres s'éclaircissent juste la gorge, du genre rmm..rrrmmm...mmrrmm, comme si c'est eux qui devaient chanter. Pire : on nous a distribué des programmes à l'entrée. A chaque page tournée (puisqu'on suit le texte en train d'être chanté), c'était comme si 2000 personnes feuilletaient en même temps le catalogue de la Redoute ; un collègue qui a rencontré un altiste de l'orchestre a ainsi appris que, la première fois que cela s'est produit, lors de la première, les musiciens ont cru que c'était le toit de l'opéra qui s'effondrait, tant le bruissement du papier remplissait la salle ! Ce n'est pas que je sois puriste, loin de là, mais il faut reconnaître que c'est particulièrement pénible d'écouter une belle œuvre avec des bourrins.

Dans la série culturelle, nous sommes également allé au festival de film français qui se déroule chaque année pendant une semaine et demi début novembre. Nous avons vu Welcome de Philippe Lioret, avec Vincent Lindon, pas très gai mais excellent ; c'est déjà un vieux film en France, mais ici ça sort seulement. Et nous avons vu Z (que nous n'avions jamais vu), de Costa-Gavras, suivi d'un "cours de cinéma" donné par le réalisateur lui-même. Très intéressant.


A part ça, mes découvertes sportives se poursuivent. Après le badmington (où je plafonne un peu), et l'escrime (que je ne parviendrai pas à maîtriser, puisque la dernière leçon est aujourd'hui), j'ai expérimenté hier le squash. J'adore !

Vous comprendrez qu'on essaie de profiter au maximum des dernières semaines de tranquillité qui nous reste. A partir de février (peut-être même janvier, qui sait ?), ça va devenir plus compliqué d'aller à l'opéra, au cinéma.... Encore que vue la qualité du public sus-décrite, la petite ou le petit ne dénotera pas trop.
Rébecca se porte bien, toujours un peu mal au dos mais il paraît que c'est normal. Le bébé gesticule beaucoup, donne des coups : un futur boxeur ou une matrone avec un rouleau à patisserie ?

Nous sommes presque complètement parés, les meubles sont achetés et on aère le lit en bois parce qu'il paraît que des solvants cancérigènes sont fréquemment retrouvés dans les peintures utilisées. Nous avons eu la veine de trouver des équipements d'occasion : merci Pierre et Carole pour la poussette, que nous sommes parvenus à apprivoiser après quelques heures d'étude acharnée de la structure fondamentale de l'objet. Merci aussi pour le porte-bébé ! De plus, nous avons trouvé le siège auto qui correspond à la poussette, pour le tiers du prix, dans une boutique d'occasions pour bébé. Je vous l'ai dit, on est paré !
Le seul truc qui va nous manquer, ce sont les cours pré-nataux. Ce sont habituellement les CLSC (Centre local de service communautaire, le nom parle de lui-même) qui se chargent de ça, et nous étions inscrits...mais vu la panique à propos de la grippe à chiens et nains, toutes les infirmières sont réquisitionnées et ils ont annulé tous les cours. Pas grave, on manque pas d'infirmière à la maison...

A propos de la grippe, ici c'est du délire ! Ils sont persuadés de vivre une "seconde vague d'épidémie" qui aurait débuté le 30 août ! Reb se fait sermonner par le personnel de l'hosto parce qu'elle ne veut pas se faire vacciner, le masque est obligatoire pour les femmes enceintes dans l'hôpital, et il y avait des files d'attente de 5 heures dès le début de la campagne de piquage. Je dois dire que jusqu'à la semaine dernière je me suis senti fier d'être français, puisque décidément ça ne prenait pas et que d'après France-Inter peu de gens acceptaient de se faire inoculer le produit salvateur mais néanmoins peu testé. Et puis, vlan, voilà que la propagande a fait son effet, et qu'apparemment en France aussi on veut bien poireauter des plombes dans des gymnases transformés en centre de réfugiés. Déception.

La résistance française reste cependant intacte ici. Nous avons pu nous en rendre compte lors d'une soirée chez un collègue, qui avec sa femme nous avaient invité à dîner - alors que je le connais à peine, ce qui est à la fois étrange et sympathique. Eux non plus ne croient pas qu'il soit bon de se faire vacciner.

Pour notre part, donc, on persiste. D'ailleurs, comme tout le monde va être vacciné dans le coin, on ne craindra bientôt plus rien...