mercredi 3 septembre 2008

Bienvenue dans le domaine de l'étrannnge !

Mardi et aujourd'hui, c'était la pré-rentrée. La vraie, pour tout le monde, anciens et nouveaux profs. Deux jours, oui. Je ne suis vraiment pas certain que ça demandait autant, mais bon.

Hier, grande assemblée avec petit déj' (ça devient habituel), re-présentation des nouveaux, mais cette fois pour tout le monde. J'ai pour ma part été présenté comme le Français arrivant tout droit de France, avec beaucoup d'expérience et tout, et tout, et qui habite Rosedale. C'est ce dernier élément qui a fait la plus grosse impression.
Puis nous avons eu une réunion juste pour l'école secondaire. Re-re-présentation des nouveaux arrivants. J'aime autant vous dire qu'on se souvenait déjà très bien de moi, pour la raison sus-citée.
L'après-midi, j'ai glandouillé, dans l'attente de mes collègues, tous en réunion "de niveaux" - je me demandais alors de quoi il s'agissait. Pendant mon attente, je suis allé percevoir (comme on disait à Bitche) mon laptop (=ordinateur portable) : c'est un bête PC, qui plante très bien, j'en suis content, oui oui.
Puis je suis parti, vu que mes collègues faisaient de même. Auparavant je suis passé à l'administration donner les documents qui leur manquaient, ainsi que - chose TRES importante - mes coordonnées bancaires, pour qu'ils puissent verser mon salaire directement sur mon compte. Je le précise pour la suite de l'histoire : on me demandait un chèque annulé (ils ne connaissent pas les RIB apparemment), mais comme il ne nous reste qu'un chèque, et qu'ils sont payant, on préfère le garder pour le loyer du mois prochain. J'ai donc donné mes coordonnées bancaires sur papier libre.

Aujourd'hui, petit déj' comme d'hab, puis tatatiiiiiiin : cours EPIPEN. Quoi t'est-ce que ?
C'est la picouse - un dérivé de l'adrénaline - que l'on doit faire à quelqu'un qui fait une réaction allergique. Je pensais que ce serait un genre d'heure de premiers secours. Erreur : c'était un cours de paranoïa ambiante. Et là, le titre du message d'aujourd'hui se justifie complètement, croyez-moi.
Pour un Canadien moyen, le monde est rempli de dangers, de terribles menaces qui, tapies dans l'ombre, attendent patiemment de faire basculer votre vie dans l'horreur absolue. Ne faites pas les innocents. Comment ? Vous persistez à ne pas comprendre. Alors je me lance et je mets les pieds dans le plat : les cacahuètes, par exemple, hein ? Et les gants en latex ? Et le métal ? Et les gâteaux d'anniversaires ? Et même l'eau ? Et...euh..à peu près tout en fait.
Oui, les Canadiens sont très allergiques. Il paraît que c'est parce qu'ils ont un environnement trop aseptisé et qu'ils mangent trop de mac do. Alors parmi les étrangetés entendue ce matin, il y a : sur les cartes d'anniversaire pour les gosses, en bas, apparaît de plus en plus, entre Winnie Pouh et Mickey, la mention "veuillez signaler si votre enfant présente une allergie". Une des politiques principales de l'école vise à abolir la cacahuète des locaux ; parce que, tenez-vous bien : la cacahuète peut agir de façon létal non seulement par absorption, mais aussi par olfaction ; DONC, ne donnez pas de cacahuète à manger à votre enfant en semaine ou le dimanche soir, car il pourrait tuer un de ses camarades, rien que en...rôtant ! (je jure sur la tête de mon neveu que tout cela a réellement été expliqué, et le plus sérieusement du monde, ce matin même, par un infirmier). Si quelqu'un tombe évanoui ou se blesse, méfiez-vous en le manipulant avec vos gants en latex, car il se peut que vous l'acheviez...
Les gamins repérés comme allergiques sont donc tenus de se promener avec leur seringue d'EPIPEN en tous lieux. Les pauvres doivent être complètement flippés, et se croire sur le point de casser leur pipe par étouffement à tout instant. Ça me rappelle ce que Josette (qui quoique française d'origine, se sentait extrêmement concernée par les explications de ce matin) nous a raconté à propos du conditionnement de type "Pavlov" inculqué aux gamins dans les écoles canadiennes : "Stranger, danger !" ("Etranger, danger"), voilà ce qu'un gamin doit apprendre à crier, par réflexe, dès qu'il est en présence d'un étranger qui lui paraît menaçant. Juste leur dire de ne pas manger les bonbons de papi ou de ne pas monter en voiture avec un étranger, ça suffit en France, nan ?
Bon, j'arrête avec ça. Les pauvres.

Cet après-midi, réunions, à nouveau, de "niveaux", mais cette fois j'étais convié. Que fait-on dans ces réunions ? On passe en revue toute la liste des élèves du niveau, et on les décrit. En gros on leur colle des étiquettes. J'ai trouvé ça un peu dommage, même si je conçois fort bien que c'est pour mieux satisfaire la clientèle...Ça aussi, ça fait partie du domaine de l'étrange.

Pour finir, j'ai été contacté par e-mail par l'administration, qui me demande mes coordonnées bancaires. Ah ! enfin, un truc connu : c'est le même bordel qu'en France, ça fait plaisir. Dans le même ordre d'idée : la banque nous écrit pour nous annoncer l'arrivée de la carte de crédit que nous avons depuis bientôt une semaine. Ils ne sont pas si différents de nous ces Canadiens, finalement.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

et le beurre de cacahuetes .... je croyais qu ils en mangeaient plus qu il n en faut ........

courage .... et vive le quebec libre ... comme disait l autre .... mais si frédéric est jeune ..... il doit connaitre

au fait tokyo ..... c est ou ? grave question dans la salle des prof de fernand gregh ? en chine biensur !!!
le niveau monte ... comme disait l autre ...

Anonyme a dit…

Arrête de mettre des commentaires "anonyme"; on t'a reconnu Philippe. Et arrêtons avec les chinois; ils m'ont bien eu avec leur portable de merde!!! Rebecca, je suis heureux d'avoir illuminé ta journée; moi depuis une semaine, c'est tous les jours qu'elle est illuminée (oui, je parle bien de la journée...)