Cette semaine, la journée la plus chargée pour moi a incontestablement été jeudi.
Je n'avais que trois heures de cours le matin, mais j'accompagnais une sortie avec les élèves de 3e. Nous sommes allés voir la maison Benares, à Mississauga. C'est une maison du XIXe siècle (donc l'un des bâtiments les plus anciens de la région), entretenue et reconstituée afin de témoigner de la vie des Canadiens au cours de la 1ère guerre mondiale. Le trajet s'est fait dans deux bus scolaires jaunes, les légendaires bus nord-américains. Pas de surprise, les gamins sont aussi bruyants que nos petits français et l'impression persistante que le voyage se fait dans un poulailler est également valable ici.
J'avoue par contre avoir été surpris par l'attitude des élèves durant la visite, tous très intéressés, posant des tonnes de questions - et cela concernait tous les élèves. C'est agréable de ne pas avoir à trainer un - voire plusieurs - boulets qui ne pensent qu'à s'amuser et/ou qui n'ont qu'une attente : se barrer. La visite était animée par 5 guides en habits qui décrivaient la vie au Canada durant la guerre avec force costumes et objets plus ou moins d'époque. Seul bémol : ils avaient parfois tendance à se contredire sur des détails, et on sait bien que pour des ados, ce qui compte, c'est surtout les détails. Le retour s'est fait dans le même poulailler.
A 4h, de retour de cette visite, j'étais convié à une réunion d'information sur l'évaluation des nouveaux profs. Pour résumer, je vais être inspecté quatre fois en deux ans (la durée de ma période d'essai) par quelqu'un qui n'a jamais enseigné l'histoire-géo, qui n'a très certainement aucune notion de pédagogie et qui, si ça se trouve, ne parlera même pas français ! Très amusant, plutôt un "audit" qu'une inspection, en somme. Les collègues m'ont expliqué que la principale exigence, c'est d'être gentil avec les gamins, avoir des feutres effaçables en état de marche et être capable de dire de quoi va traiter le cours. Ça devrait aller.
Heureusement, la réunion ne s'est pas éternisée, j'étais dehors à 17 h...et chez moi à 19h30 ! En effet, le métro était en panne. J'ai dû trouver un parcours de secours en bus, non sans avoir auparavant beaucoup marché en remontant Yonge street de Lawrence à Eglington (pour ceux qui ont un plan, ça n'a pas l'air si loin, mais il faut quand même 30 minutes en marchant d'un bon pas). J'ai à nouveau eu la preuve que le flegme britannique s'était transmis aux Canadiens, qui ne se plaignent pas, même si pour une fois ils s'étaient résolus à se serrer dans les bus (ce qui n'est jamais le cas habituellement).
Hier, nous sommes allés au St Lawrence market, dans le sud de la ville. Ce sont des halles, avec des producteurs locaux. C'est un peu plus cher, mais les produits sont quand même plus beaux qu'à Nofrills. Il y a aussi des marchands de vrai fromage, avec du Brie de Seine-et-Marne (vous aurez deviné que ce n'est pas moi que ça intéresse), mais nous n'avons pas osé demander les prix.
Enfin, ce matin, et comme vous pouvez le voir sur la photo, nous poursuivons notre effort d'intégration. Bye !