La ferme dans laquelle nous avons passé le week-end, invités par Josette et son mari Thomas, est celle dans laquelle cette saga prend place. Il s'agit donc de l'une des plus anciennes fermes de la région, puisqu'elle a été construite en 1812. Elle se trouve sur un domaine très étendu, bien qu'aujourd'hui encerclé par l'autoroute, les zones pavillonaires et le trafic aérien. Un dernier îlot de verdure et de campagne en quelque sorte, à 40 minutes de Toronto en voiture.
Josette et son mari n'en sont en fait pas du tout les propriétaires. L'ensemble appartient à un couple de Canadiens un peu atypiques, Jim (que nous n'avons fait que croiser) et Judith (une charmante petite bonne femme), archéologues de formation, et qui ont repris la ferme des parents de Jim. Leur fille, Jane, a été élève de Josette (ça fait beaucoup de prénoms en J, mais c'est pas fait exprès, j'vous jure), à la TFS, il y a une quinzaine d'années. Et comme les uns et les autres ont bien "accroché" comme on dit, les parents de Jane ont tout simplement donné les clés de l'ancienne bâtisse à Josette et son mari, et leur prêtent les lieux, tout à fait gratuitement, depuis. Mieux, ils ont fait installer pour Josette et sa famille les commodités "manquantes", lave-vaisselle, TV, jusqu'au piano - qui est quand même un Steinway ! Et ils ont accès libre à la piscine, une vraie piscine avec un plongeoir et un bassin qui descend à 3 mètres.
Ayant réussi à extorquer 30 minutes (après une journée de chargement en 110 V) de fonctionnement aux accus de l'appareil photo, je peux vous fournir quelques clichés.
Voici donc la ferme en question :
Le devant de la ferme :
Nous sommes donc arrivés vendredi matin, amenés en voiture par Josette, dite "l'as du volant"...on a eu un peu peur, mais ça va, pas de bobo ! Elle sais juste pas conduire, mais sinon ça se passe bien, tout le monde l'évite !
Bon, je vais pas être méchant gratuitement, parce qu'elle et son mari nous ont vraiment très bien accueilli, bien nourri (je rappelle que son mari est cuisinier). Tous les deux sont vraiment adorables.
Nous avons ainsi passé le week-end en repas, promenade, et la soirée d'anniversaire de samedi soir.
La ferme se trouve au bord de la rivière Credit (ainsi nommée parce qu'elle était un lieu de commerce entre Iroquois et Blancs, et que les seconds faisaient crédit aux premiers en attendant probablement des peaux en guise de paiement).
J'ai dit que le coin était encerclé par l'urbanisation rampante : malgré cela, la vie animale n'a pas déserté les lieux.
Josette nous a expliqué que la rivière était habitée par des "snapping turtles", genre de tortue préhistorique de cinquante centimètres de diamètre, carnivore, et capable de couper un doigt ou une main. Nous n'en avons cependant pas vu. Il y a également dans le coin des coyottes (que nous avons entendus dans la nuit, mais pas vus), des cerfs et biches ; juste à côté de la ferme nichent des marmottes, et une mouffette (un genre de putois - vous savez ce que ça sent, je veux dire : ce que ça vous fait sentir, pour se défendre ? le caoutchouc brûlé ! Je vous donne le truc pour se débarasser de l'odeur, apparemment très très persistante : il faut se tremper dans du jus de tomate. J'ai pas eu à essayer, mais je fais confiance à ceux qui savent.)
Le village s'appelle Meadowvale. On y trouve encore quelques anciennes maisons (à noter : ancien pour le Canada, c'est parfois fin XIXe-début XXe), mais aussi pas mal de nouveaux quartiers. Ceux-ci sont cependant souvent construits en tenant compte de l'architecture d'origine (maisons en bois), donc rien qui choque.
Nous avons également visité la ville de Streetsville (du nom de monsieur Streets qui fonda la bourgade - et c'est là toute la différence avec l'Europe : trouvez-moi le nom du type qui a fondé Bourron-Marlotte, Vulaines ou Livry sur Seine ! ) : le vendredi soir pour aller manger une glace, et le samedi matin parce que nous sommes allés chiner dans les "garage sales" - comprenez des genres de brocantes individuelles ; il suffit apparemment de mettre une pancarte pour indiquer que tel jour vous vendez des trucs devant votre maison, et voilà tout. Pas d'autorisation préfectorale ou de trucs de ce genre, c'est très libre. A cette occasion, nous avons trouvé un chouette miroir d'environ 80 cm de haut, dans un cadre en bois peint, avec des tournesols. C'était pas un achat vital, disons que c'est l'occasion qui a fait les larrons.
La soirée de samedi a été l'occasion de rencontrer des Canadiens dans leur milieu naturel. Il y avait là des amis de longue date de Josette et Thomas, une ancienne élève (Jane, la fille de la ferme), la fille de Josette et son boyfriend, l'une des principales adjointes de TFS, un ancien adjoint de TFS (originaire de Bourgogne), un collègue de Thomas...quelques francophones, mais beaucoup de conversations en anglais évidemment. J'ai donc pu m'apercevoir que je comprends de mieux en mieux, j'ai pu suivre les conversations...mais je dois reconnaître que la drôle de tête que font les gens (commerçants notamment) quand je parle anglais (ou crois le faire) m'a un peu retenu et j'ai dû, dans toute la soirée, dire quatre mots dans la langue de Shakespeare (simples et facilement traduisibles pour un anglophone). Je vais devoir travailler ça rapidement, bicoz j'ai pu me rendre compte que beaucoup de personnes de l'administration de la Toronto FRENCH School ne parlent pas un mot de français. Et la rentrée est dans quinze jours (pardon, je ne voulais pas rappeler un détail si fâcheux à ceux que ça pourrait concerner, mais les faits sont là !).
La soirée ne s'est pas éternisée : les invités, arrivés à partir de 17h, étaient tous repartis à 21h. Entre temps, nous avons pris l'apéritif et dîner. Les horaires sont donc un peu décalés par rapport à ce qui se peut se faire le plus couramment en France (simple remarque à l'intention des ethnologues qui étudieraient la société canadienne).
A l'occasion de ce week-end, nous avons pu parler abondamment avec nos hôtes, qui nous ont donné de nouveaux conseils et trucs sur la vie canadienne, depuis les coins où faire des bonnes affaires jusqu'au problème de la voiture, en passant par les coins à visiter en Ontario et plus loin. Enrichissant et vraiment très plaisant, c'est à regret que nous sommes partis de là-bas..et avec un peu la peur au ventre, parce que c'est Josette qui nous a ramené - je blague.
2 commentaires:
salut tous les deux je viens d'aller sur votre blog. superbe! avez vous reçu mon premier message du 8 août.A l'occasion j'ai commençé a créer mon blog, je n'en suis qu'au début.Voici l'adresse biche-belifontaine.blogspot.com
Je vous fait de gros bisous delphes
A oui j'oubliais,mon anniversaire c'était le 9 août, bon je comprends: le voyage, les péripéties vous l'ont fait oublier, c'est pas grâve je m'en suis remise.gros bisous, l'anniversaire de léo c'est au mois de mai je crois
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