vendredi 19 décembre 2008
Blizzard
Fred a bien décollé hier, heureusement car aujourd'hui il n'y a pas de vol. J'espère que je pourrai embarquer demain!
Premier blizzard de l'année et apparemment il faut s'attendre à en voir d'autres dans les prochaines semaines. Je dois dire que c'est vraiment très impressionnant: bourrasques de vents à 60 km, tourbillons de neige (mur blanc), température ressentie -22°, visibilité nulle à plus de 20 m. Heureusement il y a des alertes depuis avant-hier donc tout le monde était préparé. D'ailleurs je crois bien être une des seules personnes à être sortie aujourd'hui. Heureusement car je me suis cognée deux fois dans un lampadaire et je n'avais pas l'air très malin! Il faut dire que c'est un sacré périple pour avancer à pieds avec la neige qui fouette le visage. Je n'ai croisé beaucoup de voitures non plus.
Lorsque je suis rentrée à midi (à nouveau à pieds car le bus ne pouvait plus passer) j'ai vu des gens en ski et en raquettes sur la route, c'était un peu déroutant. Enfin c'est eux qui avaient raison car ils ne s'enfonçaient pas comme moi jusqu'au genou...
J'ai déjà déneigé 3 fois depuis ce matin (la terrasse+l'allée+le trottoir) et 1/2 heure après c'est comme si je n'avais rien fait, c'est assez rageant.
Il paraît que ça va se calmer dans la nuit, espérons!!
Pour tous ceux que nous ne pourrons malheureusement pas voir durant ces fêtes, nous vous souhaitons de très Joyeuses Fêtes.
Prochain épisode début janvier!
vendredi 12 décembre 2008
Le film le plus mauvais de l'année
Quant à la semaine qui vient de s'écouler, rien de particulier. La neige tient toujours et il fait très très froid surtout avec le vent qui vient tout droit de l'arctique, brrrr. Fred commence à craquer immunitairement parlant, un petit mal de gorge, c'est bien que les vacances arrivent pour qu'il puisse se reposer.
Toujours pas de nouvelles pour un éventuel poste pour moi alors je continue les recherches.
Plus qu'une semaine avant les vacances!!
dimanche 7 décembre 2008
La ferme
Malheureusement, c'est sans doute la dernière fois que nous avions l'occasion de voir la ferme. Vous vous rappelez certainement que cette ferme n'appartient pas à Josette ou son mari, mais aux fermiers voisins (voir épisode du mois d'août). Or le fils des dits fermiers, parvenu à l'âge de 27 ans, veut prendre son indépendance et s'installer dans la maison que ses parents prêtaient à Josette depuis 17 ans. Ce sera donc le dernier Noël que Josette, Thomas et Benji passeront là, et ils sont un peu tristes.
Il a neigé hier soir, quelques centimètres qui tiennent encore. Ce matin il faisait un temps superbe et nous sommes allés faire un tour, magré un vent qui "découpait" pas mal. La rivière Credit chariait de gros grumeaux gelés, et semblait épaisse comme un sirop. On a aperçu 2 biches qui couraient près de la ferme, des traces de coyote...on se serait cru au Canada.
Accessoirement, Thomas nous a mitoné des petits plats très bons et très gras, que rien qu'à y penser, j'en ai les artères qui s'encombrent...
Bon, demain il faut retourner bosser (ou chercher du boulot, pour Réb). Il faut reconnaître que ce petit week-end nous a donné un avant-goût de vacances. Vivement !
vendredi 5 décembre 2008
Blog is not dead
Petit résumé de ce que vous avez manqué ces deux dernières semaines.
Réb a suivi la semaine dernière un stage au Centre Francophone, destiné à offrir de l'aide dans la recherche d'emploi. Elle a vraiment été emballée, et s'est rendu compte qu'il y avait certainement la possibilité de trouver un job mieux payé, ou au pire plus près. Du coup, c'est aujourd'hui son dernier jour à l'école Montessori, elle a donné sa démission. Fini d'être exploitée, et elle est bien contente !
Le stage au Centre francophone lui a donné l'occasion de rencontrer des Français fraîchement arrivés de chez vous, plus ou moins intéressants. J'ai eu l'occasion de les croiser vendredi dernier lors d'un "souper africain", une réunion organisée chaque mois au Centre francophone; le thème n'était pas bien drôle (le SIDA et les violences faites aux femmes), mais c'était intéressant de s'immerger un peu dans la vie de la communauté francophone de Toronto.
On va tenter de garder le contact avec les Français rencontrés là, même si certains sont plus ou moins intéressants (à propos, si vous pensiez que le roi des cons était encore sur le territoire français, détrompez-vous : il est arrivé au Canada il y a un mois. Si ! Je lui ai même parlé. Je ne peux pas vous faire le détail, ce serait trop long tellement il est ENORME de connerie, mais je peux vous dire qu'il a une bonne tête de vainqueur et des idées à l'avenant...et il est Français, c'est moche.)
Comme elle avait un peu de temps devant elle pendant cette semaine, Réb en a profité pour se faire une petite gastro. Mais ça s'est vite arrangé.
D'ailleurs, puisque notre santé vous intéresse, je peux vous dire que cette semaine on est carrément (mais alors CARREMENT) lessivés. Je ne sais pas si c'est lié à la froidure ou au fait qu'il fait nuit à 16h30 (pour une raison que je ne m' explique d'ailleurs pas, puisqu'on est à peu près à la latitude de Bordeaux...), mais on est couchés à 21h et quand le réveil sonne (certes à 6h), on est toujours aussi crevés. Vivement les vacances !
A propos, il est prévu que l'on revienne en France pour Noël, avec des arrivées échelonnées (on ne prendra pas l'avion ensemble). Moi le 19, Reb le 21. Et elle repart deux jours plus tôt. Je reprends l'avion le 5, jour de la rentrée, que je manque, ce qui a un peu fait tiquer l'école. Honnêtement, vue l'étrange organisation de la TFS, je ne pensais pas que ça pauserait un problème quelconque (d'autant qu'il est prévu un système de remplacement très élaboré entre collègues, ce qui fait que je prévois le travail à faire pour les gamins, qui ne manqueront pas une seule heure de classe). Il a quand même fallu que je discute un peu l'arrangement.
Ici, on sort juste d'une crise politique qui, je pense, vous a autant touché que les démélés du Parti Socialiste français ont ému les Canadiens. C'est-à-dire pas du tout. Comme quoi la mondialisation, c'est d'abord Hollywood et la crise économique, et pas du tout la vie des Etats, et encore moins la vie des gens.
La crise politique ici ? Vraiment, vous voulez que je vous raconte ? Allez, je fais "mon prof", comme dit Rébecca, et je vous explique.
Le Premier ministre, Stephen Harper, du PCC (c'est le Parti Conservateur du Canada, et pas du tout le Parti Communiste - les Communistes, ici, ils sont 12, et on les a mis dans un parc pour les sauvegarder, parce que les gens leur jettent des pierres) gouverne avec une minorité de députés à la Chambre des Communes. Or, le bougre a fait des propositions assez démentes pour "résorber la crise", du genre supprimer les subventions aux partis politiques (le PCC étant le plus riche, ça ne le gêne pas) et interdire le droit de grève aux fonctionnaires pendant 2 ans.
Donc une coalition des autres partis s'est formée (Parti Libéral, Nouveau Parti Démocrate qui sont ce qui ressemble le plus à des socialistes, et Bloc Québecois, qui sont les "séparatistes" de la Belle Province), qui a menacé de mettre Harper en minorité et de le remplacer par un gouvernement de coalition pour au moins 18 mois.
C'est alors qu'entre en jeu la Gouverneure Générale, Mme Jean, haïtienne de naissance, qui n'est rien de moins que la chef de l'Etat (ça vous en bouche un coin, pas vrai ?). Nommée par la reine, elle a le plus souvent un pouvoir honorifique, mais elle a aussi de vrais pouvoirs : dissoudre le Parlement à la demande du Premier ministre (mais ça, elle l'a fait au mois de septembre, ça la foutait mal d'organiser encore une fois des élections), ou suspendre les travaux du Parlement, toujours à la demande du Premier ministre. C'est donc ce qu'il lui a demandé, et ce qu'elle a accepté pas plus tard qu' hier matin. On appelle ça "prorogue", ou une "prorogation" d'après la radio québecoise : le Parlement est suspendu jusqu'au 26 janvier. Harper évite ainsi le vote de confiance de lundi - qui l'aurait probablement fait sauter - et espère que d'ici fin janvier la coalition aura éclaté d'elle-même. Sinon, c'était reculer pour mieux sauter, au sens propre du terme.
La chose que je trouve inquiétante, dans l'affaire, c'est que, au moment où le monde entier prend des grosses décisions pour lutter contre la vilaine crise, nous ici, on va attendre que ça se passe. Quel flegme ces Canadiens !
vendredi 21 novembre 2008
BRRRRR
Pas d'excursion programmée pour ce week end, peut-être une scéance de cinéma, we'll see.
Pour vous faire voyager un peu, voici nos pérégrinations de ces derniers temps.

Ça c'était samedi dernier, notre périple vers l'est en voiture avec quelques arrêts (Saint-Jacobs et Stratford). Environs 400 km.

Ça c'était vendredi dernier, pour aller à Awenda national park, où nous avons fait une superbe randonnée au bord du lac (south Georgian Bay), au retour on s'est arrêté à Saint-Marie among the Hurons, un village indien reconstitué, malheureusement fermé depuis thanksgiving... Environ 400 km.

Quant à ce périple, il remonte à quelques semaines déjà, lorsque nous sommes allés marcher dans le Bruce Péninsula national park.(Encore une magnifique randonnée dans la nature canadienne). Environ 700 km, en effet, même si ça ne se voit pas sur la carte on s'est (pas qu'un peu) perdu sur le chemin du retour...
jeudi 20 novembre 2008
Cette fois c'est la bonne !
Cet après-midi, nous avons été reçu par une employé de l'immigration canadienne, à qui nous avons remis nos documents de résidents permanents. De façon assez étonnante et inhabituelle, nous n'avons pas eu à attendre une heure pour être reçu. Par contre c'était quand même à Scarborough, tout au bout de la ligne de métro, soit pas loin d'une heure de chez nous en transports en commun. Pour 10 minutes d'entretien.
Nous ne recevrons la carte officielle que d'ici que quelques semaines, mais nous sommes d'ores-et-déjà des résidents permanents du Canada ! Pour ceux que ça intéresse, comptez donc plus d'un an de procédure et d'attente.
dimanche 16 novembre 2008
Oups, que le temps passe vite !
Mardi j'ai fait un cake au citron immonde (on ne peut pas tout réussir comme les lasagnes).
Mercredi j'ai rejoint Reb à l'école (c'est vraiment pas à côté) : curieux, j'ai trouvé les lieux un peu lugubres, c'est un genre de hangar avec des cloisons installées pour départager les classes, pas d'autres fenêtres que la grande baie vitrée de l'entrée...mais Reb n'est pas d'accord du tout, et trouve les lieux très bien. Peut-être ai-je eu cette impression parce que c'était l'heure de la sieste des gremlins, et qu'il n`y avait pas une grosse activité. Après ça nous sommes allés marcher sur la plage, mais il ne faisait pas bien chaud.
Reb avait "pris" son jeudi et son vendredi, de façon à profiter des vacances en même temps que moi, et nous avons loué une voiture vendredi et samedi.
Vendredi, mon chauffeur personnel
m'a donc emmené sur les bords de la Georgian Bay (la Baie Georgienne), 200 km à l'est de la Bruce Peninsula que nous avons visitée il y a quelques semaines. C'était dans un parc provincial face aux Iles de la Baie Georgienne. Vraiment très joli, calme, apaisant. Nous avons eu beaucoup de chance avec le temps, puisque la pluie n'est venue qu'en fin de journée - et dès lors, elle est tombée sans répit durant deux jours.

Du coup, hier (samedi), nous avons surtout découvert le pays en voiture,
en allant tout d'abord au marché de St Jacobs, tenu par des mennonites (dont je vous avais déjà parlé me semble-t-il). Cette fois-ci, nous en avons vu "en vrai"avec l'habit traditionnel à la mode du XIXe siècle, et les carrioles tirées par les chevaux. De plus les légumes y sont vendus à un prix très concurrentiel - mais c'est un peu trop loin pour y faire les courses tous les dimanches ! Nous avons aussi traversé la ville de Stradford (comme la ville natale de Shakespeare - il y a d'ailleurs une ville du nom de Shakespeare juste à côte, la rivièere locqle a été baptisée l'Avon comme en Angleterre, et un festival shakespearien se tient dans la ville chaque année du mois de mai au mois de novembre); la ville est assez jolie, et pour faire dans le culturel nous avons visité un magasin plus ou moins spécialisé dans... les décos de noël. Reb était comme une folle.
Il faut dire qu'ici, Halloween passé, les décorations de Noël ont commencé à fleurir. Non seulement dans les magasins, mais également en ville, et même dans notre quartier où certains ont déjà sorti les décorations dans leur jardin. Ils ne perdent pas de temps...
Aujourd'hui nous sommes restés à la maison pour glandouiller à fond pendant notre dernière journée de vacances. Il a neigé de gros flocons qui n'ont pas tenu ce matin. Il est prévu de la neige en début de semaine à nouveau, et -9 mercredi. L'hiver approche.
lundi 10 novembre 2008
Lasagnes à la neige
La neige approche à petits pas, un flocon par-ci, un autre par-là. La température varie pas mal d'une journée à l'autre - mais globalement, elle va plutôt vers le bas. Nous avons fait l'acquisition de gants
de chaussettes, de collants, rien ne nous effraie plus ! Hier, nous sommes allés marcher dans Toronto, plus de 4 heures (voici le plan de notre promenade, simplifié car on a fait quelques détours dans Rosedale
- le summum, ce serait bien sûr d'y joindre des photos des endroits clés, mais pour cela il faudrait que nous ayons pris les photos en question - ce qui n'est pas le cas).
Nous avons encore découvert de nouvelles rues dans notre quartier, décidément très joli.
Il est vraiment très agréable de se ballader dans Toronto, car la circulation des voitures se fait surtout dans les très larges avenues, reliées entre elles par de petites artères boisées, très calmes et sans trafic. Je ne sais plus si je vous l'avais dit, mais il semblerait que la ville soit très boisée pour la simple et bonne (voire excellente) raison que les propriétaires ont l'obligation de maintenir un certain nombre d'arbres sur leur terrain. Chouette, non ? Par contre, ça demande pas mal de logistique, particulièrement en cette saison, car la ville est littéralement noyée sous une bruissante nappe beige et rouge. C'est très joli, mais j'imagine que ça reste agréable parce que des services d'évacuation des feuilles mortes sont en place. Les propriétaires ont la charge de ramasser les feuilles devant chez eux (idem pour la neige en hiver). Devant toutes les maisons de ces quartiers boisés (y compris le nôtre) se trouvent donc d'énormes sacs en papier remplis de feuilles, probablement évacués par de gros camions.
Une chose est sûre, les services de l'immigration canadienne pourront se vanter d'avoir testé notre patience. Après une matinée d'attente chacun à Paris au printemps, un après-midi au mois d'août, nous avons à nouveau consacré une heure de notre vie à poireauter dans les bureaux de l'immigration afin de demander notre carte de résident. Pour rien, sinon fixer un rendez-vous avec les services de Scarborough, les seuls à délivrer ces cartes (contrairement à ce que nous avait dit la préposée aux "renseignements", à qui nous avions téléphoné); les services sus-nommés, du reste, cherchent depuis quelques temps, semble-t-il, à nous joindre sur notre téléphone hors service (depuis quelques temps également, mais c'est parce qu'on en a assez d'être les cloches de Bell). Nous aurons donc un rendez-vous très bientôt.
Voilà, ma première journée de vacances s'achève. Pour réconforter ma Reb qui va durement gagner sa croûte chaque matin, j'ai mis la journée à contribution en faisant des lasagnes. C'est con, vous auriez dû venir : c'était très bon mais y'en a pu !
vendredi 7 novembre 2008
Les vacances
A l'appui d'une argumentation qui me subjugue moi-même, je dois dire que la semaine qui vient de s'écouler a été bien chargée. En effet, mardi et jeudi ont eu lieu les rencontres parents-profs, comme je vous l'avais annoncé dans l'épisode précédent (qui date un peu... c'est bon, on a compris).
Rien n'étant laissé au hasard pour satisfaire notre principale source de revenus, ce sont les parents qui fixent les rendez-vous, par internet. La liste des candidats nous est ensuite remise, et il n'y a plus qu'à les accueillir. En anglais pour 80% d'entre eux. Coton, très coton comme exercice, surtout avec la fatigue qui gagne au cours de la soirée. Je dois dire qu'arrivé à mon quarantième (et quelques...) parent hier soir, j'avais de mon côté beaucoup de mal à comprendre ce qu'on me disait, mais je n'étais pas le seul. A voir la tête de mes interlocuteurs, je pense qu'ils étaient aussi concentrés que moi pour trouver un sens à ce que je peinais à exprimer dans leur propre langue. Mais dans l'ensemble, tous sont très gentils, indulgents et compréhensifs. Même les parents des deux ou trois que j'ai allumé avaient l'air satisfaits. J'ai (même!) reçu un courriel ce matin, de la part d'un père d'élève rencontré hier, juste pour me remercier du temps consacré et me dire qu'il avait été ravi de me rencontrer. C'est pas beautiful, ça ?
Ce soir, je suis donc en vacances pour une semaine, et ça va faire du bien, parce que je suis vidé. Je craignais un peu une agitation dans le genre journée d'halloween de la part des élèves, ou une agitation dans le genre de ce que l'on trouve dans tout bahut classique, avec jet de tables depuis le deuxième étage (cf Fernand Gregh l'an dernier), mais j'ai été très surpris. En dernière heure, les 5ème en train de travailler sur une carte n'étaient franchement pas pressés de partir, et il a fallu que j'insiste un peu pour qu'ils arrêtent de travailler, rangent leurs affaires et sortent de la salle. Il faut croire qu'ils se sentent vraiment bien dans leur école.
En ce moment Reb a un peu de mal avec les "bambins" de 4-5 ans qui ne veulent rien écouter de ce qu'on leur dit. Elle est au bord de l'infanticide chaque jour. Malheureusement (pour elle, pour eux, allez savoir...) il n'y a pas de vacances prévus dans les écoles autres que la TFS. Je compatis...
samedi 25 octobre 2008
Pédagogie au Canada
Nous avons d'abord eu une conférence à propos de ce qu'ils appellent "Geographically Thinking" ("penser géographiquement"). Il s'agit en gros de faire de la "vraie" géographie avec les élèves, tout simplement en travaillant avec eux sur des documents. Si par hasard un prof français lit cela, il va certainement se dire que c'est déjà ce que l'on fait en France depuis une bonne vingtaine d'années je pense. Mais au Canada, la plupart des profs (et des éventuels pédagogues) en sont encore apparemment à la méthode "Apprenez par coeur les affluents du Saint Laurent", voire pire : "Où aimerais-tu vivre à Toronto ? Parles-en avec ton voisin et fais un dessin". A propos vous connaissez ça ? Disons que la pédagogie du prof canadien -type s'est arrêté à l'étape de 1980 décrite par cette petite blague. Le conférencier était vraiment motivé, mais on sentait qu'il avait conscience de parler à des briques.
Pour le reste, j'ai également suivi une conférence sur un système d'information géographique (GIS en anglais), c'est-à-dire un logiciel carrément génial qui permet de manipuler et fabriquer ses propres cartes. Vraiment génial, d'autant plus que la TFS a fait l'acquisition de ce logiciel (dont personne ne sait se servir à l'école jusqu'à maintenant).
J'ai aussi pu assister à une pseudo-conférence sur le smart-board (le tableau intéractif), mais là c'était carrémant nul, les deux types se servaient du tableau comme d'un simple gadget. Pour le coup, ils était les (in)dignes représentants des profs canadiens-type dont je parlais plus haut, le genre qui n'avait rien compris à la première conférence du matin.
Pour finir, j'ai assisté à une réunion sur un projet qui consiste à faire réaliser des e-cards (des cartes postales virtuelles) aux élèves, à propos du développement durable. Les e-cards, réalisées au terme d'un travail de recherche, peuvent ensuite être envoyées aux personnes choisies par les élèves - des amis, de la familles, des dirigeants politiques... Je vais peut-être essayer de mettre ça en place, si j'arrive à motiver un prof d'art plastique pour dessiner les cartes. Le site est en anglais, mais si certains profs français veulent s'y coller, pourquoi pas (pour une collaboration géographie-education civique- anglais- arts plastiques ! Alors là on touche au grandiose !).
Je suis rentré de la conférence samedi après-midi...pour retrouver Reb malade comme un chien, avec la fièvre, la gorge enflée, mal partout - genre grippe, vous voyez ? Elle a traîné ça jusqu'à aujourd'hui, puisque je n'ai pas réussi à la traîner, elle, jusqu'à l'hosto (le seul endroit où l'on peut trouver des médecins en mois de trois mois). Bref, elle va un peu mieux.
Pour ma part, j'ai participé aujourd'hui a ce qui joue le rôle de conseil de classe à la TFS, à savoir une réunion d'une heure par niveau, avec un panel d'environ 5 % des élèves à examiner. Et c'est tout. C'est ridicule, oui, oui, et beaucoup d'élèves qui mériteraient que l'on parle d'eux passent à travers, mais tant que les cli...les parents ne se plaignent pas... Du reste, les parents, on les rencontre mardi et jeudi prochain, entre 15h30 et 21h. Ah oui, si le "conseil"de classe est plutôt court, les rencontres parents-profs sont plutôt fleuves. Et on fait ça deux ou trois fois dans l'année. Il faut garder de bons contacts avec les cl...les parents.
Pour finir, cette nuit et une partie de la journée, il a vraiment neigé, une neige qui a un peu tenu. Même les Canadiens étaient étonnés. Et ça caille ferme.
mardi 21 octobre 2008
dimanche 19 octobre 2008
Enfin, la Forêt (avec un grand F)
Le Bruce Peninsula National Park est un parc naturel, très grand, une forêt où l'on rencontre un bon échantillon de nature sauvage. Il est possible de rencontrer toutes sortes d'animaux, à condition d'être discrets - ce qui n'est pas le propre du promeneur canadien. Peut-être qu'ils font du bruit exprès pour repousser les ours noirs, que l'on est susceptible de rencontrer dans ce parc.
Les paysages sont superbes. La forêt est un peu différente de celle que l'on rencontre dans le sud de l'Ontario. Elle est plus proche ici d'un genre de taïga, avec beaucoup de bouleaux et de conifères, qui évoquent pour moi les forêts dans lesquelles devaient vivre les Indiens - pour ceux d'entre vous qui se souviennent de Yakari (ne me dites pas que je suis le seul!!), c'est comme si on y était...
La Georgian Bay est une dépendance du lac Huron et donc de l'ensemble des 3 grands lacs (Huron, Supérieur et Michigan) formant la plus vaste étendue d'eau douce au monde. Et, effectivement, c'est très grand. L'eau est très claire, limpide, et pas bien chaude.
Tout ce parc est vraiment superbe; et je dois dire que nous avons passé un grand moment en nous baladant et suivant une partie du Bruce Trail, un genre de GR, qui va de la Bruce Peninsula à Niagara.
Nous avions encore la voiture aujourd'hui. Nous voulions retourner du côté de Crawford Lake, plus précisément à Rattlesnake point, d'où l'on doit avoir un superbe point de vue depuis le haut de l'escarpement. Mais le temps était si beau, ciel bleu et air pur, que tout le monde a eu la même idée. Il y avait donc une file de voiture à l'entrée du parc, si bien que nous avons changé d'idée.
Nous nous sommes finalement garés un peu plus loin, dans un bled du nom de Killbride et nous avons arpenté un bout du Bruce trail (le même sentier qu'hier, mais 400 km plus loin). Très joli sentier au milieu de la forêt, entourés de lacs et de marécages. D'ailleurs voici quelques photos qui résument bien notre merveilleux week-end dans la nature canadienne.
mardi 14 octobre 2008
Le long week-end....
Malgré tout, on en a profité un peu.
Lundi, petite escapade aux îles, avec le projet de louer un tandem. Malheureusement, tous les magasins des Toronto Islands ferment à partir de Thanksgiving. Nous avons donc fait un tour de 10 ou 12 km à pied, avant de reprendre le ferry, juste au moment où des hordes de promeneurs se mettaient à déferler, à partir de 14 h.
Il a fait très doux, mais c'est quand même l'automne (ben oui!) et les arbres sont vraiment splendides - voyez les photos.
Aujourd'hui, c'était jour d'élections fédérales. Je serais étonné que vous en ayez entendu parler.
On aura les résultats demain. J'ai essayé de comprendre les enjeux de ces élections anticipées et je vous livre icci le fruit de mes recherches. Les principaux partis sont : Conservateurs (droite), Libéraux (centre-droit), Nouveau Parti Démocrate (socialistes), Green (Les Verts, considérés ici comme l'extrême-gauche, dans la mesure où les cocos sont très mal vus et peuvent sûrement se compter sur les doigts d'une main). Globalement, personne ne semble attendre de gros changements. Je rappelle à ceux qui l'ignorerait qu'ici, c'est une monarchie constitutionelle (la Reine d'Angleterre est aussi Reine du Canada), et que la constitution est inspirée de celle du Royaume-uni. Les citoyens votent donc pour des députés qui siègent à la Chambre des Communes, et le Premier Ministre est choisi dans le parti le plus représenté...même si ils ne sont pas majoritaires, ce qui était le cas la dernière fois, et risque apparemment d'être le cas cette fois encore. Bref, de la cuisine électorale, comme partout.
Bien, c'était le petit quart d'heure culturel. Pour vous récompenser, voici les photos :
dimanche 12 octobre 2008
Happy Thanksgiving
Cette semaine, nous avons enfin obtenu nos visas de résidents permanents, revenus par courrier recommandés de l'ambassade du Canada à Paris. Pour les faire valider, il ne nous reste plus qu'à rencontrer un agent de l'immigration. Le processus aura quand même duré plus d'un an, et nous aura retiré quelques sousou de la popoche, mais on y arrive quand même. Nous aurons donc bientôt droit à la couverture sociale, ce qui n'est pas négligeable, et on pourra se faire embaucher chez MacDo si on veut.
A propos de boulot, Reb a envoyé des CV a différents (très différents, mêmes) trucs : un office pour les femmes battues, un autre pour eneigner le français à des adultes, Europassistance...elle a aussi un entretien jeudi avec le principal du lycée français (dont la femme est une de mes collègues), sans doute pour un genre de boulot de surveillance dans un premier temps, et peut-être ensuite d'assistante. A voir, parce que ce n'est pas à côté, et on est toujours dépendant des transports en commun. Mais ce serait un bon moyen d'échapper à la collègue super con avec qui elle doit travailler chaque jour.
Péripétie de la semaine : disparition de 2 paquets de copies de 3e. Franchement, ça ne m'était jamais arrivé. Le paquet était là le mardi matin, posé sur mon bureau, et plus là à midi. Sachant que le bureau est difficilement accessible aux élèves, je ne comprenais vraiment pas comment ça avait pu se produire. J'ai cru un moment que je m'étais trompé, et que les copies étaient encore chez moi, mais j'ai bien vu le soir que ce n'était pas le cas. J'ai passé une partie de la nuit à retourner en gros trois hypothèses dans ma tête : 1/ un gamin super culotté s'est emparé des copies plus ou moins à l'aveuglette 2/ j'ai un ennemi proche parmi mes collègues, un genre de psychopathe qui a décidé en son for intérieur de me pourrir la vie 3/ je deviens cinglé et j'ai balancé les copies dans la poubelle de recyclage.
La solution n'est arrivée que le lendemain, après avoir alerté mes collègues et une vice-principale : Susan, dont le bureau jouxte le mien, va être remplacé la semaine prochaine, par un branque qui est venu s'enquérir mardi matin des cours à donner. Pour travailler, il s'est installé à mon bureau. Et en repartant, il a embarqué ses affaires (ce dont je lui sais gré) et une partie des miennes (ça, je suis moins d'accord). Il ne s'en est aperçu qu'en arrivant chez lui, et m'a ramené les paquets (toujours pas corrigés) mercredi matin. Quelle aventure, pas vrai ?
Hier, nous avons fait une grande ballade dans Toronto, ce qui nous a permis de voir de nouveaux quartiers, et là on se prépare à aller bruncher. Un week-end repos, donc. Demain, vélo dans les îles. Cool !
mardi 7 octobre 2008
Week-end dans le sud
Donc samedi, départ pour le sud-ouest de l'Ontario, destination le lac Crawford, près de Campbellville. Environ à 60 kilomètres de chez nous, compte non tenu des détours causés par le manque de pancartes. Je vous la fait courte : le lac Crawford
Les environs sont sur l'Escarpement, une formation géologique assez gigantesque (elle fait le tour des Grands Lacs), qui forme ici une région très boisée. Ce ne sont pas encore les grandes forêts boréales dont nous rêvons, mais ça nous a fourni un bon bol d'air après deux mois dans la ville. Et la saison commence à être superbe, avec les arbres qui prennent des couleurs fantastiques.
Repartant du lac après une marche d'environ 15 kilomètres, nous sommes allés à StJacobs. C'est un village de mennonites, des gens qui vivent comme les Amish. Une collègue m'avait dit que ça ressemblait à "La petite maison dans la prairie". A vrai dire, nous ne sommes même pas descendus de voiture, parce qu'en fait de Petite maison dans la prairie, nous sommes arrivés dans un genre de piège à touristes, avec des boutiques, mais pas de carrioles tirées par des chevaux ni de Charles Ingalls.
Nous avons alors décidé de rentrer "par le chemin des écoliers", c'est-à-dire en prenant la route la moins directe, en prenant au nord puis à l'est. Tout a fonctionné comme prévu, puisque une erreur d'aiguillage après une pause pipi-donut nous a lancé sur la route de Bruce Peninsula, plein nord-ouest. Notre chemin des écoliers a donc été rallongé d'au moins 100 kilomètres, mais on ne l'a pas regretté car les paysages de champs et de bois colorés par le soleil couchant étaient vraiment superbes au long de notre fausse route.
Nous avons en tout roulé 7 heures dans la journée, mais que ce soit l'ivresse de la découverte d'un nouveau pays, la joie de sortir de Toronto ou le confort de la voiture, cette longue route ne nous a
Je dis bien "nous avons roulé", car j'ai cédé le volant à Reb, qui a désormais une véritable passion pour la conduite. Et qui se débrouille très bien pour passer les vitesses (rires). Non, sans blague, elle se débrouille très bien.
Ici intervient ma diatribe contre les usagers de la route et le vie de conducteur au Canada. Crache ton venin !
Primo, première prune : une bonne âme a sans doute appelé la police dans la nuit de samedi à dimanche pour signaler qu'un véhicule étranger et néanmoins non-autorisé était garé dans la rue. Il faut en effet une autorisation apposée sur le pare-brise pour pouvoir se garer dans notre impasse. On n'imaginait cependant pas qu'ils étaient autant à cheval sur le principe, d'autant qu'il y véritablement plein de place dans la rue, et que le stationnement n'est pas gênant, surtout à 00h19 (heure de l'amende). Bref, 30 dollars en moins.
Deuzio, les Canadiens - je me répète, mais c'est confirmé - ne savent pas conduire. Ils ne mettent jamais de clignotants (ce doit être un principe), klaxonnent à tout va, doublent par la droite sans vergogne, et n'ont aucune idée de ce qu'est une manoeuvre. Très énervant, de se faire klaxonner sans raison par un branque qui ne sait pas sa droite de sa gauche - j'ai été à deux doigts de faire du "road rage" (littéralement "rage routière", c'est-à-dire un bourre-pif en bon français) tout le week-end.
Tertio, deuxième prune (ah oui, quand on teste l'efficacité de la maréchaussée, on n'y va pas de main morte nous autres), pour un problème de parking à nouveau, mais cette fois à Niagara-on-the-Lake. On était simplement garés à contresens, comme font au moins 500 000 parisiens chaque jour. Mais bon, je discute pas le principe. 15 dollars de plus au service de la science, donc.
En revanche, Niagara Falls, c'est l'horreur. On se croirait à Disneyland, mais en pire, avec des attactions débiles qui braillent dans la rue, et une odeur de steak et de gras qui enrobe le tout. Le seul intérêt, c'est bien sûr les chutes, très impressionantes (sans blague ?), mais qui pour une multitude de gens semblent n'être que le petit plus à côté de la maison de Frankestein et du "musée" des rock stars en cire. De la consommation à l'état pur.
Pour l'aller comme pour le retour, Reb a conduit pratiquement tout le temps. Nous avons finalement rendu la voiture un peu à regret, mais nous n'avions pas tellement envie de nous sentir à nouveau dépendants du bus - alors nous sommes rentrés à pied.